Je crois que c’est enfin terminé, que la nuit peut finir ; la vie s’en est allée éperdue et dévastée.

J’avais appris et retenu toutes les parades, refais des milliers de fois tous ces gestes précis.
Ceux qui gardent et ceux qui ôtent la vie.
Pour tuer précisément il faut avoir vu souvent finir la vie.
Peu d’entres eux ont eu la chance, l’espoir infime de m’atteindre avant de sentir la froideur de mes lames…
Tout autour le silence maintenant exige son du et son alliée redoutable le sert complaisamment ; la mort a déjà longtemps régné, elle peut maintenant partager.
Je range mes armes, il n’y a plus de danger, seulement des victimes figées sur le sol dans leur sang.
Tout n’est plus que chairs, ferrailles, bois et terres entremêlés dans ce matin qui semble approcher.
Mes mains se sont figées elles ne peuvent encore abandonner la courbure des poignées…
Je vérifie…
Rien, aucun d’eux ne m’a touché vraiment ; ce sang qui me couvre n’est pas le mien…
Aucun ennemi ni aucun compagnon, suis-je le seul survivant alentour ?
Filet de lumière d’entre les fumées, j’avance dans le carnage de la plaine, là bas au loin il y a un grand feu…
Je n’étais pas fait pour la guerre, mais elle a tout emporté et lorsque le Vent du tourment s’est levé j’ai du la faire…
Alors j’ai appris la férocité, la haine et le maniement des armes, j’ai appris à étreindre la mort, à éteindre la vie de mes ennemis et si je suis le seul à survive, je suis aussi mon seul ennemi.
J’ai appris ce que je savais déjà…
Mais ce n’est pas ainsi que cela a commencé...
Mon histoire commence il y a longtemps un jour d'hiver où je rejoignais la Guilde Les Veilleurs en signant mon engagement, j'avais tant à apprendre puis être "Veilleur" semblait prudent pour un combattant...


