Azia, une jeune Kojani [Admise 03/07 4]
Posté : 01 mars 2007 22:35
Azia Matsu était pressée. Elle avait perdu beaucoup trop de temps chez les Elfes. Elle trouvait leurs villes très belles mais elle n'arrivait pas à s'y reconnaître, perdue entre tous ces arbres, toutes ces passerelles sans garde-fou où elle risquait sa vie à chaque pas aussitôt que l'astre du jour partait se dissimuler derrière l'horizon.
Mais maintenant, elle était enfin de retour dans sa ville et elle allait enfin pouvoir se consacrer à écrire cette lettre. N'ayant pas encore de maison, elle logeait à l'auberge; elle y occupait une coquette chambre et comme elle ne lésinait pas sur les pourboires, l'aubergiste était aux petits soins pour elle.
Au loin, près du poste de garde, il lui sembla apercevoir une silhouette connue. Loin de la réjouir, cette vision l'ennuya; après leur discussion orageuse de tantôt, elle ne souhaitait pas revoir le Magistrat Dawstar. Quelques instants de réflexion lui suffirent, elle n'avait pas été officier de l'Armée Impériale pour rien. Elle se dissimula derrière une palissade, se concentra et lança son illusion. Elle s'était déjà examinée devant son miroir, dans sa chambre et elle savait que l'illusion était parfaite. Ce fut donc pratiquement sans aucune appréhension qu'elle passa devant le magistrat et qu'elle poursuivit son chemin vers l'auberge.
L'obscurité commençait à tomber et des cris, des rires et des jurons filtraient à travers la porte de la taverne. Elle prit une inspiration, regarda une dernière fois ses mains pour vérifier l'illusion et poussa la porte. La salle était bondée, les habitants de la ville se mêlant aux aventuriers de tout crin qui venaient s'humidifier le gosier avant de repartir pour avaler de nouvelles bouffées de poussière.
Elle commença à se diriger vers l'escalier qui menait aux chambres quand elle remarqua le regard soupçonneux de la serveuse ... Évidemment, comment une naine inconnue pouvait-elle se diriger vers les chambres? Idiote qu'elle était ... Elle bredouilla quelques excuses inintelligibles et chercha des yeux une solution de repli; heureusement, une petite table venait de se vider de ses occupants et Azia se dirigea vers une des deux chaises. Elle s'assit après avoir essuyé l'assise maculée d'un liquide douteux et s'aperçut que la serveuse était déjà là, la lorgnant de coin de l'oeil, un rictus au coin des lèvres.
« Je voudrais un thé s'il vous plaît et aussi de quoi écrire. »
La serveuse repartit en faisant remarquer à haute voix que si les naines se mettaient à boire du thé, les orcs allaient bientôt être embauchés pour servir de nounous aux jeunes kojanis ... Elle revint néanmoins rapidement, posa une théière et une tasse d'une propreté douteuse sur la table. La jeune Kojani remplit sa tasse à mi-hauteur et y trempa ses lèvres, plus pour goûter la saveur du liquide brun clair qu'avec l'intention de la vider. Le papier et l'encrier arrivèrent peu de temps après et Azia se concentra, essayant de se soustraire à l'ambiance environnante. Elle réfléchissait, ne sachant pas trop comment inaugurer sa lettre puis elle se lança.
« Membres de la Guilde des Veilleurs,
Je viens vers vous, nobles Veilleurs, car la rumeur de vos exploits est parvenue jusqu'à mes oreilles, toujours ouvertes aux faits d'armes glorieux. »
Hum ... Peut-être en faisait-elle un peu beaucoup là ... En fait elle avait plutôt entendu parler de la bonne ambiance qui régnait dans cette compagnie et maintenant qu'elle se retrouvait à nouveau seule, sans but, elle songeait à retrouver des compagnons. En même temps, un peu de flatterie ne pourrait pas faire de mal ... Elle imaginait déjà le lecteur de son message se haussant du col à la lecture de ses mots. Elle sourit et continua à remplit le parchemin.
« Je me présente: mon nom est Azia, Azia Matsu. Mes parents ont mystérieusement disparu il y a maintenant une dizaine d'années alors qu'ils servaient l'Empereur de la meilleure des façons qui soit. Ils ont été présumé morts et l'Empereur, dans sa grande magnanimité, m'a fait entrer à son service.
Ayant apparemment montré de bonnes dispositions pour la chose militaire, j'ai intégré l'Ecole Militaire de Tanvu, chose rare pour une personne de mon sexe. J'ai été nommé officier très rapidement et les anciens disaient que nul n'a jamais été gradé aussi jeune. Étant la seule jeune femme, je n'ai jamais véritablement été intégrée parmi mes condisciples masculins. Leurs plaisanteries et leurs jeux me laissant souvent de marbre et comme la plupart des relations féminines que nous ayons eu se résumaient à de jeunes ribaudes, je me suis souvent sentie seule ».
Un tremblement de terre interrompit sa concentration. Elle leva les yeux, effarée, et s'aperçut que le tremblement en question n'avait concerné que sa table et que l'auteur de celui-ci était en train de s'asseoir sur la chaise vacante sise en face d'elle. Une choppe monumentale s'abattit sur la table et un peu d'écume qui couronnait celle-ci décida que la feuille de vélin avait l'air très hospitalière. L'être en question ne mesurait pas plus de un mètre quarante, était plein de poils et souriait à pleine dents ... enfin pour celles qu'il lui restaient ...
« Khazad pour vous servirr, jolie demoiselle. Puis-je vous tenirr compagnie? »
Trop effarée pour dire mot, elle constata que le nain était déjà assis en face d'elle et la dévorait des yeux.
« Heu ... » Azia cherchait ses mots. Que me veut cet énergumène? Elle chercha un mouchoir pour éponger la mousse qui s'ingéniait à essayer t'imprégner sa lettre quand elle vit les petits doigts boudinés qui tenaient précautionneusement le tissu. Bien sûr, que tu es bête ma fille ... Il te prend pour une de ses ... congénères. Elle sourit intérieurement à l'idée de cette méprise et se dit que ce sort d'illusion n'avait peut-être pas que des avantages ...
« Heu ... Voyez-vous sieur Kazade, je crois qu'il y a un malentendu ... Je ne suis pas ce que vous croyez ... »
Le nain fit semblant de s'offusquer :
« Non, non je sais bien ce que vous n'êtes pas ».
Il cherchait ses mots.
« Loin de moi cette idée, je rreconnais juste en vous une de mes soeurrs de rrace et je suis sûrr que votrre verrtu est grrande ».
Azia ne comprit pas tout de suite ce que voulait dire Khazad et quand la lumière se fit dans son esprit, elle s'empourpra et bredouilla « Bien entendu ... Si cela ne vous ennuie pas, je voudrais finir ma lettre ... ». Elle pensait que le nain s'excuserait et partirait importuner quelqu'un d'autre mais visiblement, il avait décidé de rester auprès d'elle, un sourire béat sur les lèvres.
Elle essaya de faire le vide en elle et continua sa lettre
« Récemment, mon unité a été désignée pour pacifier un village rebelle, et ma rencontre avec un sage m'a ouvert les yeux et j'ai quitté le corps militaire pour entamer un parcours qui m'a amenée à devenir Juritor. Là, suivant la voie du Jin et commençant une lutte contre les menaces intérieures et extérieures à l'Empire, je me suis retrouvée mêlée à la lutte existant entre les Dix Maisons Impériales. Il semblerait que mes ennemis ont eu raison de moi et même si j'ai pu conserver mes titres de Juritor de la Sagesse Soyeuse et Juritor du Discours Harmonieux, je ne suis plus au service de l'Empereur. Je suis donc maintenant libre et souhaitant poursuivre dans la voie du Lao'Jin, je vous demande humblement de considérer ma demande de recrutement avec bienveillance. »
Au bout d'un moment, elle leva les sourcils pour observer son vis à vis et s'aperçut que le regard avait migré, passant de son visage poupin à son menton ou peut-être même plus bas. Apparemment, Khazad ne s'était rendu compte de rien, absorbé qu'il était par ce qui était devenu son centre d'intérêt. Mine de rien, Azia essaya de regarder sa robe, craignant une grosse tâche de thé, mais non, elle ne voyait rien. Sa lettre étant presque terminée, elle leva le visage et posa ses yeux sur le visage barbu et buriné de l'aventurier. Elle poussa un soupir qui fit gonfler sa poitrine et à la lueur d'intérêt qui s'alluma dans les yeux noirs du petit homme elle comprit quel était son sujet de contemplation. Elle rougit une nouvelle fois et piqua du nez vers sa missive. Décidemment tu es trop idiote ... ou trop fatiguée ... A quoi pensent les hommes trois fois sur quatre ?
Elle mit un point final, signa Azia Matsu, Chevalier Lao'Jin plia la lettre et entreprit de l'entourer d'un bout de tissu rouge pour la maintenir fermée.
Elle sourit à son « nouvel ami »
« Et voilà, ma lettre est finie. »
Un sourire encore plus grand fut la première réponse et la suivante ne tarde pas:
« Bien, comme cela, nous allons pouvoirr passer un bon moment ensemble et parrler de notrre pays. Tu viens de quel coin ? ».
Elle remarqua le passage au tutoiement et s'aperçut qu'elle ne connaissait strictement rien de ce peuple. Juste avait-elle croisé quelques nains dans la ville ou au gré de ses déplacements.
« Il va falloir que je rentre ... On m'attend ... »
« Forrt bien, je vais me fairre un devoirr de vous rraccompagner, les rues ne doivent pas êtrre trrès surres à cette heurre ».
Azia sentit sa salive qui hésitait à prendre le bon chemin; un mouvement de glotte lui indiqua la marche à suivre. Elle songea que le sort allait bientôt cesser de faire effet et elle ne voulait pas se transformer sous les yeux du petit homme. Elle ne voulait pas non plus que Khazad devienne trop entreprenant. Son esprit fonctionnait à toute vitesse, passant en revue toutes les idées qui lui venaient à l'esprit les unes après les autres. Comme elle se faufilait entre les tables, suivie comme un familier par l'imposant aventurier, elle arriva derrière un étranger qui riait à pleine gorge tout en essayant d'ingurgiter une énorme choppe de cervoise. Elle lui poussa violemment la tête en avant et entendit le bruit des dents qui vinrent se fracasser sur le verre. Elle s'écarta vivement et regarda Khazad avec un air réprobateur. Le nain l'avait d'abord regardé d'un air ahuri avant d'éclater de rire et de lui faire force clins d'oeil. Il s'arrêta quand une main s'abattit sur son épaule et qu'une voix déclara:
« fé toi qui a fait ça? »
« Non, mais j'aurais bien aimé »
« J'arrive » ajouta-t-il à l'intention d'Azia tout en assénant un grand coup de poing ganté de métal dans l'estomac du buveur ensanglanté.
Celle-ci ne se le fit pas dire deux fois et se dépêcha de passer la porte tandis que les bruits de rixe montaient derrière elle. La rue était assez longue mais elle pensait bien pouvoir arriver à se perdre dans les ruelles suivantes pour être sauvée. Elle jeta un coup d'oeil derrière elle et quelle ne fut pas sa surprise en voyant Khazad courir à perdre haleine pour la rejoindre. Azia se rendit compte qu'il l'aurait rattrapée avant qu'elle ne tourne au coin de la rue. Elle se mit elle aussi à courir et prit le virage quelques secondes avant que le nain ne le fasse à son tour. Khazad s'arrêta et regarda les quelques passants présents. Il répondit au gracieux salut de la jeune kojani qui était là et qui le regardait avec un grand sourire, et pesta contre ces naines qui ne savaient pas ce qu'elles perdaient ...
Mais maintenant, elle était enfin de retour dans sa ville et elle allait enfin pouvoir se consacrer à écrire cette lettre. N'ayant pas encore de maison, elle logeait à l'auberge; elle y occupait une coquette chambre et comme elle ne lésinait pas sur les pourboires, l'aubergiste était aux petits soins pour elle.
Au loin, près du poste de garde, il lui sembla apercevoir une silhouette connue. Loin de la réjouir, cette vision l'ennuya; après leur discussion orageuse de tantôt, elle ne souhaitait pas revoir le Magistrat Dawstar. Quelques instants de réflexion lui suffirent, elle n'avait pas été officier de l'Armée Impériale pour rien. Elle se dissimula derrière une palissade, se concentra et lança son illusion. Elle s'était déjà examinée devant son miroir, dans sa chambre et elle savait que l'illusion était parfaite. Ce fut donc pratiquement sans aucune appréhension qu'elle passa devant le magistrat et qu'elle poursuivit son chemin vers l'auberge.
L'obscurité commençait à tomber et des cris, des rires et des jurons filtraient à travers la porte de la taverne. Elle prit une inspiration, regarda une dernière fois ses mains pour vérifier l'illusion et poussa la porte. La salle était bondée, les habitants de la ville se mêlant aux aventuriers de tout crin qui venaient s'humidifier le gosier avant de repartir pour avaler de nouvelles bouffées de poussière.
Elle commença à se diriger vers l'escalier qui menait aux chambres quand elle remarqua le regard soupçonneux de la serveuse ... Évidemment, comment une naine inconnue pouvait-elle se diriger vers les chambres? Idiote qu'elle était ... Elle bredouilla quelques excuses inintelligibles et chercha des yeux une solution de repli; heureusement, une petite table venait de se vider de ses occupants et Azia se dirigea vers une des deux chaises. Elle s'assit après avoir essuyé l'assise maculée d'un liquide douteux et s'aperçut que la serveuse était déjà là, la lorgnant de coin de l'oeil, un rictus au coin des lèvres.
« Je voudrais un thé s'il vous plaît et aussi de quoi écrire. »
La serveuse repartit en faisant remarquer à haute voix que si les naines se mettaient à boire du thé, les orcs allaient bientôt être embauchés pour servir de nounous aux jeunes kojanis ... Elle revint néanmoins rapidement, posa une théière et une tasse d'une propreté douteuse sur la table. La jeune Kojani remplit sa tasse à mi-hauteur et y trempa ses lèvres, plus pour goûter la saveur du liquide brun clair qu'avec l'intention de la vider. Le papier et l'encrier arrivèrent peu de temps après et Azia se concentra, essayant de se soustraire à l'ambiance environnante. Elle réfléchissait, ne sachant pas trop comment inaugurer sa lettre puis elle se lança.
« Membres de la Guilde des Veilleurs,
Je viens vers vous, nobles Veilleurs, car la rumeur de vos exploits est parvenue jusqu'à mes oreilles, toujours ouvertes aux faits d'armes glorieux. »
Hum ... Peut-être en faisait-elle un peu beaucoup là ... En fait elle avait plutôt entendu parler de la bonne ambiance qui régnait dans cette compagnie et maintenant qu'elle se retrouvait à nouveau seule, sans but, elle songeait à retrouver des compagnons. En même temps, un peu de flatterie ne pourrait pas faire de mal ... Elle imaginait déjà le lecteur de son message se haussant du col à la lecture de ses mots. Elle sourit et continua à remplit le parchemin.
« Je me présente: mon nom est Azia, Azia Matsu. Mes parents ont mystérieusement disparu il y a maintenant une dizaine d'années alors qu'ils servaient l'Empereur de la meilleure des façons qui soit. Ils ont été présumé morts et l'Empereur, dans sa grande magnanimité, m'a fait entrer à son service.
Ayant apparemment montré de bonnes dispositions pour la chose militaire, j'ai intégré l'Ecole Militaire de Tanvu, chose rare pour une personne de mon sexe. J'ai été nommé officier très rapidement et les anciens disaient que nul n'a jamais été gradé aussi jeune. Étant la seule jeune femme, je n'ai jamais véritablement été intégrée parmi mes condisciples masculins. Leurs plaisanteries et leurs jeux me laissant souvent de marbre et comme la plupart des relations féminines que nous ayons eu se résumaient à de jeunes ribaudes, je me suis souvent sentie seule ».
Un tremblement de terre interrompit sa concentration. Elle leva les yeux, effarée, et s'aperçut que le tremblement en question n'avait concerné que sa table et que l'auteur de celui-ci était en train de s'asseoir sur la chaise vacante sise en face d'elle. Une choppe monumentale s'abattit sur la table et un peu d'écume qui couronnait celle-ci décida que la feuille de vélin avait l'air très hospitalière. L'être en question ne mesurait pas plus de un mètre quarante, était plein de poils et souriait à pleine dents ... enfin pour celles qu'il lui restaient ...
« Khazad pour vous servirr, jolie demoiselle. Puis-je vous tenirr compagnie? »
Trop effarée pour dire mot, elle constata que le nain était déjà assis en face d'elle et la dévorait des yeux.
« Heu ... » Azia cherchait ses mots. Que me veut cet énergumène? Elle chercha un mouchoir pour éponger la mousse qui s'ingéniait à essayer t'imprégner sa lettre quand elle vit les petits doigts boudinés qui tenaient précautionneusement le tissu. Bien sûr, que tu es bête ma fille ... Il te prend pour une de ses ... congénères. Elle sourit intérieurement à l'idée de cette méprise et se dit que ce sort d'illusion n'avait peut-être pas que des avantages ...
« Heu ... Voyez-vous sieur Kazade, je crois qu'il y a un malentendu ... Je ne suis pas ce que vous croyez ... »
Le nain fit semblant de s'offusquer :
« Non, non je sais bien ce que vous n'êtes pas ».
Il cherchait ses mots.
« Loin de moi cette idée, je rreconnais juste en vous une de mes soeurrs de rrace et je suis sûrr que votrre verrtu est grrande ».
Azia ne comprit pas tout de suite ce que voulait dire Khazad et quand la lumière se fit dans son esprit, elle s'empourpra et bredouilla « Bien entendu ... Si cela ne vous ennuie pas, je voudrais finir ma lettre ... ». Elle pensait que le nain s'excuserait et partirait importuner quelqu'un d'autre mais visiblement, il avait décidé de rester auprès d'elle, un sourire béat sur les lèvres.
Elle essaya de faire le vide en elle et continua sa lettre
« Récemment, mon unité a été désignée pour pacifier un village rebelle, et ma rencontre avec un sage m'a ouvert les yeux et j'ai quitté le corps militaire pour entamer un parcours qui m'a amenée à devenir Juritor. Là, suivant la voie du Jin et commençant une lutte contre les menaces intérieures et extérieures à l'Empire, je me suis retrouvée mêlée à la lutte existant entre les Dix Maisons Impériales. Il semblerait que mes ennemis ont eu raison de moi et même si j'ai pu conserver mes titres de Juritor de la Sagesse Soyeuse et Juritor du Discours Harmonieux, je ne suis plus au service de l'Empereur. Je suis donc maintenant libre et souhaitant poursuivre dans la voie du Lao'Jin, je vous demande humblement de considérer ma demande de recrutement avec bienveillance. »
Au bout d'un moment, elle leva les sourcils pour observer son vis à vis et s'aperçut que le regard avait migré, passant de son visage poupin à son menton ou peut-être même plus bas. Apparemment, Khazad ne s'était rendu compte de rien, absorbé qu'il était par ce qui était devenu son centre d'intérêt. Mine de rien, Azia essaya de regarder sa robe, craignant une grosse tâche de thé, mais non, elle ne voyait rien. Sa lettre étant presque terminée, elle leva le visage et posa ses yeux sur le visage barbu et buriné de l'aventurier. Elle poussa un soupir qui fit gonfler sa poitrine et à la lueur d'intérêt qui s'alluma dans les yeux noirs du petit homme elle comprit quel était son sujet de contemplation. Elle rougit une nouvelle fois et piqua du nez vers sa missive. Décidemment tu es trop idiote ... ou trop fatiguée ... A quoi pensent les hommes trois fois sur quatre ?
Elle mit un point final, signa Azia Matsu, Chevalier Lao'Jin plia la lettre et entreprit de l'entourer d'un bout de tissu rouge pour la maintenir fermée.
Elle sourit à son « nouvel ami »
« Et voilà, ma lettre est finie. »
Un sourire encore plus grand fut la première réponse et la suivante ne tarde pas:
« Bien, comme cela, nous allons pouvoirr passer un bon moment ensemble et parrler de notrre pays. Tu viens de quel coin ? ».
Elle remarqua le passage au tutoiement et s'aperçut qu'elle ne connaissait strictement rien de ce peuple. Juste avait-elle croisé quelques nains dans la ville ou au gré de ses déplacements.
« Il va falloir que je rentre ... On m'attend ... »
« Forrt bien, je vais me fairre un devoirr de vous rraccompagner, les rues ne doivent pas êtrre trrès surres à cette heurre ».
Azia sentit sa salive qui hésitait à prendre le bon chemin; un mouvement de glotte lui indiqua la marche à suivre. Elle songea que le sort allait bientôt cesser de faire effet et elle ne voulait pas se transformer sous les yeux du petit homme. Elle ne voulait pas non plus que Khazad devienne trop entreprenant. Son esprit fonctionnait à toute vitesse, passant en revue toutes les idées qui lui venaient à l'esprit les unes après les autres. Comme elle se faufilait entre les tables, suivie comme un familier par l'imposant aventurier, elle arriva derrière un étranger qui riait à pleine gorge tout en essayant d'ingurgiter une énorme choppe de cervoise. Elle lui poussa violemment la tête en avant et entendit le bruit des dents qui vinrent se fracasser sur le verre. Elle s'écarta vivement et regarda Khazad avec un air réprobateur. Le nain l'avait d'abord regardé d'un air ahuri avant d'éclater de rire et de lui faire force clins d'oeil. Il s'arrêta quand une main s'abattit sur son épaule et qu'une voix déclara:
« fé toi qui a fait ça? »
« Non, mais j'aurais bien aimé »
« J'arrive » ajouta-t-il à l'intention d'Azia tout en assénant un grand coup de poing ganté de métal dans l'estomac du buveur ensanglanté.
Celle-ci ne se le fit pas dire deux fois et se dépêcha de passer la porte tandis que les bruits de rixe montaient derrière elle. La rue était assez longue mais elle pensait bien pouvoir arriver à se perdre dans les ruelles suivantes pour être sauvée. Elle jeta un coup d'oeil derrière elle et quelle ne fut pas sa surprise en voyant Khazad courir à perdre haleine pour la rejoindre. Azia se rendit compte qu'il l'aurait rattrapée avant qu'elle ne tourne au coin de la rue. Elle se mit elle aussi à courir et prit le virage quelques secondes avant que le nain ne le fasse à son tour. Khazad s'arrêta et regarda les quelques passants présents. Il répondit au gracieux salut de la jeune kojani qui était là et qui le regardait avec un grand sourire, et pesta contre ces naines qui ne savaient pas ce qu'elles perdaient ...